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Jeune mère assise sur un lit tenant une photographie fraîchement encadrée d'elle avec son bébé de cinq mois, le bébé tend la main vers le cadre

Première fête des mères : ce qui compte avec un bébé !

La première fête des mères arrive alors que le bébé a quelques mois et que personne n'a dormi. Ce qui touche vraiment cette année-là, et ce qui tombe à plat.

Lorène Winckel

Par Lorène Winckel

La première fête des mères tombe dans une année qui ne ressemble à aucune autre. Le bébé a quatre mois, six mois, parfois trois semaines. Elle est encore en congé ou vient de reprendre, elle dort mal, et son corps ne lui appartient pas complètement. Ce contexte change tout ce qui fonctionne ce jour-là.

Voici ce qui touche vraiment cette première année, et ce qui tombe systématiquement à plat.

Pourquoi cette année n'est pas comme les suivantes

Les années suivantes, l'enfant fabrique, écrit, choisit. Cette fois, il ne fait rien du tout : il dort, il bave, il pleure à l'heure du déjeuner. Le cadeau vient donc entièrement du conjoint ou de la famille, et il porte un message plus lourd que d'habitude.

En effet, ce que beaucoup de jeunes mères attendent ce jour-là n'est pas un objet. C'est une reconnaissance : quelqu'un a vu ce qu'elle traverse. Or les rayons proposent surtout des choses jolies, et rarement cela.

Par ailleurs, elle sort d'une période où l'attention allait entièrement au bébé. Un cadeau qui parle d'elle, et pas de son rôle de mère, prend une valeur particulière cette année-là.

Ce qui touche vraiment la première fois

Le premier registre est celui du repos. Une matinée entière où le conjoint prend le relais, biberon compris, sans qu'elle ait à préparer quoi que ce soit ni à laisser de consignes. Concrètement, l'absence de consignes fait la moitié du cadeau.

Gros plan sur une lettre manuscrite posée sur une couette froissée à côté d'un mug de café, lumière du matin

Le deuxième registre est celui de la trace. Une photo d'elle avec le bébé, tirée en grand et encadrée, alors qu'il n'existe presque que des photos du bébé seul. Ainsi, elle apparaît enfin dans l'album de cette année-là.

Le troisième est celui des mots. La lettre du conjoint, écrite à la main, qui nomme précisément ce qu'il a vu : les nuits, le doute, la façon dont elle a tenu. Cette lettre coûte zéro euro et se garde vingt ans.

Les objets qui fonctionnent pour une première fête des mères

Le bijou daté marche bien, à condition de graver la date de naissance plutôt que le prénom. Un deuxième enfant rend en effet le pendentif au prénom compliqué à porter.

Le livre où elle apparaît avec son bébé fonctionne également, parce qu'il fige cette année précise. Elle le lira d'abord seule, puis avec l'enfant deux ans plus tard, ce qui en fait un des rares cadeaux à double détente. Le Petit Héros construit ce type d'histoire.

Enfin, tout ce qui quitte la maison avec elle : une écharpe, un sac, un carnet. Toutefois, évitez ce qui reste dans le salon, car ces objets appartiennent vite à la famille entière plutôt qu'à elle.

Ce qui tombe à plat

Premier écueil, et le plus fréquent : le cadeau destiné au bébé, offert à la mère. Une tenue, un doudou, un jouet d'éveil. L'intention est bonne, le message reçu est qu'elle n'existe plus séparément.

Deuxième écueil : tout ce qui touche à son corps. Crème raffermissante, vêtement en taille d'avant, abonnement sportif. Cette année-là plus que jamais, ces cadeaux blessent alors qu'ils voulaient encourager.

Troisième écueil : le grand repas de famille organisé chez elle. Douze personnes à recevoir avec un bébé de cinq mois transforme la fête en journée de travail. En revanche, un déjeuner ailleurs, ou rien du tout, la soulagera bien davantage.

Et si la période est difficile

Toutes les premières fêtes des mères ne sont pas joyeuses. Certaines arrivent après une grossesse compliquée, un accouchement mal vécu, ou dans une fatigue qui ressemble à autre chose que de la fatigue.

Dans ce cas, un cadeau ne répare rien, et une journée forcément festive peut peser. Le geste juste consiste souvent à demander simplement comment elle va, et à rappeler que la sage-femme, le médecin ou la PMI existent pour ça. Pour des repères sur cette période, le programme public des 1000 premiers jours couvre l'après-naissance.

De même, cette date est douloureuse pour les femmes qui ont perdu un bébé. Un message discret vaut mieux qu'un silence gêné, et infiniment mieux qu'une carte joyeuse.

Faire mieux que le jour J

Un dimanche de mai pèse peu comparé à ce qui se passe les autres semaines. Un relais régulier, une nuit prise en charge par mois, une garde annoncée à l'avance : ces gestes-là comptent bien plus qu'un paquet annuel.

Si vous voulez garder une trace de cette première année, vous pouvez créer l'histoire où elle et son bébé sont les héros.

Elle aura oublié le bouquet avant l'été. Elle relira la lettre le jour où l'enfant entrera au CP.