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Enfant de 6 ans souriant avec une dent en moins, tendant une petite boîte en bois contenant une dent de lait

La petite souris : quoi répondre, quel rituel, quoi garder ? On fait le point !

La petite souris passe pour la première dent de lait, et l'enfant pose des questions. Quoi répondre, quel rituel installer, et que faire des dents gardées.

Lorène Winckel

Par Lorène Winckel

La petite souris entre en scène vers six ans, la nuit où la première dent de lait finit dans un mouchoir en papier. Les parents découvrent alors qu'ils n'ont rien prévu : ni pièce, ni cachette, ni réponse à la question qui arrive toujours deux ans plus tard. Voici de quoi tenir les trois étapes.

Un mot d'abord sur le calendrier. La première dent bouge en général entre cinq et sept ans, parfois plus tôt, parfois nettement plus tard, et cet écart n'a rien d'inquiétant en soi.

Pourquoi cette dent compte plus qu'elle n'en a l'air

Perdre une dent est la première transformation que l'enfant vit en conscience. Le corps change tout seul, sans qu'il ait rien demandé, et ça laisse un trou visible dans le miroir. Certains adorent, d'autres pleurent.

Par ailleurs, l'épisode arrive pile au moment de l'entrée au CP. L'enfant quitte la maternelle, apprend à lire, et perd ses dents de bébé la même année. Du coup, la dent devient le symbole le plus concret du passage chez les grands, et les enfants le comprennent très bien tout seuls.

Voilà pourquoi le rituel mérite mieux qu'une pièce glissée à minuit. Il donne une forme à quelque chose que l'enfant sent confusément.

Le rituel de la petite souris, version simple

Le principe tient en trois gestes. L'enfant place la dent quelque part, quelqu'un l'échange pendant la nuit, l'enfant découvre au réveil.

Gros plan nocturne sur un rebord de fenêtre avec de minuscules empreintes de pattes en farine et quelques paillettes près d'une boîte

Concrètement, évitez de glisser la dent sous l'oreiller si votre enfant a le sommeil léger. Une petite boîte sur la table de nuit, un verre sur le rebord de la fenêtre ou une pochette accrochée à la poignée fonctionnent mieux, et la main du parent tremble moins.

Côté contrepartie, fixez le montant dès la première dent et tenez-le pour les vingt suivantes. En effet, un enfant compare toujours : avec sa sœur, avec son cousin, avec le copain de la classe. Beaucoup de familles remplacent d'ailleurs la pièce par un livre, une carte écrite ou une petite chose à collectionner, ce qui règle la surenchère de cour de récréation.

Ajoutez un détail qui signe le passage : un mot minuscule écrit en petites lettres, une empreinte de patte à la farine, quelques paillettes sur le rebord. Ce sont ces détails que l'enfant raconte à l'école, pas le montant.

Quoi répondre quand il demande si elle existe

La question arrive en général vers sept ou huit ans, souvent après un copain plus grand. Le ton de l'enfant vous dit ce qu'il veut entendre : la vraie question est « est-ce que j'ai eu l'air bête d'y croire ? ».

Renvoyez-lui donc la question avant de répondre. « Et toi, tu en penses quoi ? » laisse voir s'il cherche à confirmer ou s'il tient encore à l'histoire. Certains enfants savent depuis six mois et continuent parce que le rituel leur plaît.

Quand il a compris, ne démentez pas mollement. Dites la vérité et racontez la suite : qui se levait la nuit, qui a failli oublier deux fois, qui gardait les dents dans une boîte au fond d'un tiroir. Ainsi, l'enfant ne perd pas une croyance, il gagne une place dans le secret. Souvent, il demande aussitôt à tenir le rôle pour le petit frère.

Une chose à éviter : lui reprocher d'avoir vendu la mèche à un plus jeune. Il ne mesure pas encore ce que ça casse chez l'autre, et il vaut mieux le lui expliquer une fois, calmement, avant que ça arrive.

Que faire des dents de lait gardées

Beaucoup de parents gardent les dents de lait sans savoir pourquoi, dans une enveloppe ou une boîte d'allumettes. Rien n'oblige à les conserver, et rien ne l'interdit non plus.

Si vous les gardez, notez la date au dos de chaque case : dans quinze ans, c'est la date qui aura de la valeur, pas la dent. Les boîtes à dents vendues en magasin font le travail, un pilulier de pharmacie aussi.

Si vous préférez ne rien garder, une photo du sourire édenté au matin remplace très bien la collection. D'ailleurs, cette photo-là finit systématiquement dans les albums de famille, alors que la boîte reste au fond d'un tiroir.

Quand la dent tombe autrement que prévu

Certaines dents partent lors d'une chute, d'un coup de ballon, ou pendant un repas. L'enfant saigne, s'affole, et le rituel passe au second plan. Cependant, un avis du dentiste s'impose quand la dent est cassée plutôt que tombée, quand la gencive reste douloureuse, ou quand une dent définitive pousse derrière celle qui n'est pas encore tombée.

De même, une dent qui ne bouge toujours pas à sept ans passés mérite une visite de contrôle, sans urgence. Pour des repères sur cet âge, Naître et Grandir documente le développement des 5-8 ans.

Prolonger le moment par une histoire

La nuit de la première dent se raconte bien. L'enfant y tient le beau rôle, il a perdu quelque chose et gagné autre chose, et il adore réentendre l'épisode.

Certaines familles en font un livre où leur enfant est le personnage principal de cette nuit-là. Si vous voulez lui offrir la sienne, vous pouvez créer l'histoire de sa première dent.

Il oubliera le montant de la pièce. Il se souviendra de l'empreinte de farine sur le rebord de la fenêtre.