Le 31 octobre approche, et chez vous, ce n'est pas la fête de tout le monde. En effet, Lucas, 4 ans, refuse de passer devant la maison du voisin couverte de toiles d'araignée. De plus, Sofia, 6 ans, se réveille en pleine nuit depuis qu'elle a croisé un masque qui hurle. Ainsi, pour ces enfants-là, Halloween peut tourner au cauchemar. La bonne piste, c'est de remplacer la frousse par des monstres rigolos. Un monstre qui louche, qui a peur des chatouilles, qui perd ses chaussettes. Bref, un monstre qu'on a envie de prendre dans ses bras.
Cette fête peut rester une vraie joie pour les petits, à condition de l'adapter à leur âge. Voici comment vivre le 31 octobre sans larmes au coucher.
Pourquoi les petits ont besoin de monstres rigolos
Entre 3 et 7 ans, l'enfant ne fait pas encore bien le tri entre le réel et l'imaginaire. Un masque, une ombre, un bruit dans le couloir : tout devient possible, donc tout devient menaçant. À cet âge, le cerveau invente des dangers la nuit comme il invente des amis le jour. C'est pour ça que les monstres rigolos sont si précieux. Ils donnent un visage à la peur, mais un visage qu'on peut regarder en riant.
Le psychanalyste Bruno Bettelheim, dans ses travaux sur les contes, expliquait que les histoires aident véritablement l'enfant à mettre ses angoisses à distance. Par exemple, le loup, l'ogre, la sorcière deviennent des personnages avec qui on joue, pas des dangers qui rôdent. Ainsi, un monstre qu'on nomme, qu'on dessine, qu'on rend maladroit, perd aussitôt de son pouvoir. Donc, plus le monstre est ridicule, moins il fait peur. Voilà pourquoi un gentil monstre vert qui éternue des bulles vaut mieux qu'un squelette qui surgit dans le noir.

Apprivoiser la frousse plutôt que la subir
Face à un enfant qui tremble, le réflexe est souvent de minimiser : ce n'est rien, c'est pour de faux. Cependant, ça ne marche presque jamais. En effet, la peur, pour lui, est bien réelle. Ce qui aide vraiment, c'est de transformer le monstre en personnage qu'on connaît. Donnez-lui un prénom ridicule. Inventez-lui une faiblesse : il adore les câlins, il a peur des brosses à dents, il fond en larmes devant un gâteau au chocolat.
Un soir, dessinez ensemble le monstre du placard. Ensuite, ajoutez-lui un nœud papillon, des grosses lunettes, une dent en moins. Demandez également à votre enfant ce que le monstre mange au petit-déjeuner. En quelques minutes, l'ombre menaçante devient un copain un peu pataud. C'est ça, apprivoiser la peur du noir : la sortir de l'inconnu pour la poser sur la table, en pleine lumière. Ainsi, l'enfant qui rit d'un monstre n'en a plus peur.
Des déguisements qui font rire, pas qui terrifient
Pour le costume, oubliez le sang et les masques de tueur. À cet âge, ils nourrissent les cauchemars sans rien apporter. Misez plutôt sur des déguisements qui font rire ou qui rassurent. Quelques pistes qui marchent bien avec les petits :
- Un petit fantôme tout doux, drap blanc et grand sourire dessiné au feutre
- Une citrouille joufflue qui ressemble plus à un coussin qu'à une menace
- Une chauve-souris en pyjama, ailes molles et grandes oreilles
- Un monstre maison en chaussettes dépareillées et pull trop grand
- Une sorcière maladroite qui rate toutes ses potions
L'astuce qui change tout : laissez votre enfant choisir. Amine voudra peut-être être un dinosaure-fantôme, Zoé une licorne-vampire qui ne mord que les bonbons. Tant mieux. Plus le costume vient de lui, moins il subit la fête, et plus il s'amuse. Un enfant qui se déguise en monstre devient le maître du jeu, au lieu d'en être la victime.

Le soir d'Halloween, un monstre qu'on apprivoise
Le 31 au soir, gardez le rythme léger. Une maison, deux maisons, et on rentre si l'enfant fatigue. Inutile de courir tout le quartier. Préférez un parcours connu, avec des voisins que votre enfant reconnaît sous leurs déguisements. À la maison, transformez le moment en jeu plutôt qu'en chasse aux frissons. Comptez les bonbons, classez-les par couleur, inventez une danse de la citrouille.
Au coucher, le rituel reprend ses droits. C'est souvent là que la frousse revient. Une histoire douce remet tout en place. Et si elle parle d'un monstre qu'on apprivoise, encore mieux. Votre enfant s'endort en sachant que la créature du soir n'est qu'un gros maladroit qui ronfle.
C'est tout l'intérêt d'une histoire où votre enfant devient le héros qui dompte sa propre créature. Vous pouvez créer un livre où votre enfant apprivoise un monstre rigolo, avec son prénom et son visage. Se voir page après page tendre la main au monstre, le faire rire, le border : ça ancre une idée simple. Les monstres, on n'en a pas peur, on s'en fait des amis. Chez Le Petit Héros, c'est cette bascule qu'on aime raconter.
Quand la peur dépasse le jeu
Parfois, malgré tout, la peur prend trop de place. L'enfant ne dort plus, refuse de sortir, pleure des heures. Dans ce cas, pas la peine de forcer la fête. Halloween n'a rien d'obligatoire. Vous pouvez la vivre tout petit : une citrouille sur le rebord, un film doux, des crêpes en forme de fantôme. L'an prochain, il en redemandera peut-être.
Si les peurs persistent et débordent sur le quotidien, les repères de Naître et Grandir sur les peurs de l'enfant aident à y voir clair. Rien de grave la plupart du temps : juste un petit cerveau qui apprend à trier ses émotions. Et vous, à ses côtés, qui transformez les monstres en copains.

