L'été, on lâche du lest : couchers plus tard, réveils décalés, siestes sautées. C'est très bien pour les vacances, beaucoup moins pour la rentrée. De ce fait, remettre en place un bon sommeil avant la rentrée évite à votre enfant d'aborder ses premières journées de classe épuisé et grognon. La bonne nouvelle, c'est qu'avec un peu d'anticipation, ce recalage se fait en douceur, sans bataille du soir. Voici comment réajuster son horloge avant le jour J.
L'idée maîtresse : y aller progressivement, plutôt que d'imposer un changement brutal la veille de la rentrée.
Pourquoi le sommeil se décale l'été
Avec les longues soirées claires, les vacances et l'absence de réveil, l'horloge interne de l'enfant glisse naturellement. Il se couche plus tard, dort plus longtemps le matin, et son organisme s'habitue à ce nouveau rythme. Rien d'inquiétant : c'est mécanique, et cela se corrige tout aussi mécaniquement.
Le souci, c'est qu'un enfant qui s'endort à 22 h et se réveille à 9 h aura du mal à être en forme pour un réveil à 7 h le jour de la rentrée. Ainsi, il est essentiel de recaler son horloge en amont, en douceur.

S'y prendre une à deux semaines avant
Le secret, c'est l'anticipation. En effet, comptez une dizaine de jours avant la rentrée pour amorcer le recalage. Un changement étalé est bien mieux toléré qu'un saut brutal, qui se solde souvent par des soirées difficiles et des matins en larmes.
Repérez l'heure de coucher et de lever visée pour l'année scolaire, et mesurez l'écart avec le rythme actuel des vacances. C'est cet écart que vous allez combler petit à petit, soir après soir.
Décaler le coucher par petits pas
Avancez l'heure du coucher de dix à quinze minutes tous les deux ou trois jours. Ce décalage minuscule passe presque inaperçu pour l'enfant, mais en une dizaine de jours, vous récupérez facilement une à deux heures. Avancez en parallèle l'heure du réveil le matin, en ouvrant les volets pour laisser entrer la lumière.
Évitez l'erreur classique de coucher l'enfant beaucoup plus tôt d'un coup : il ne s'endormira pas et associera le lit à la frustration. La progression douce, elle, respecte son horloge biologique et la réajuste sans heurt.
Réveils, lumière et rituels du soir
La lumière est votre meilleure alliée pour caler l'horloge. Par exemple, exposez votre enfant à la lumière du jour le matin, et tamisez les lumières le soir. En outre, limitez les écrans en fin de journée, dont la lumière retarde l'endormissement. Ces petits réglages aident le corps à retrouver le bon tempo.
Réinstallez aussi un rituel du soir régulier et apaisant : bain, histoire, câlin, à heure fixe. En effet, ce cadre prévisible signale au cerveau qu'il est temps de dormir. Une histoire au calme, surtout, est le meilleur des sas vers le sommeil. Pour approfondir l'importance du sommeil chez l'enfant, le dossier de Naître et Grandir sur le sommeil de l'enfant donne des repères utiles.
Garder le cap le jour J
Une fois le rythme recalé, tenez-le, y compris le week-end qui précède la rentrée : un grand écart le samedi annulerait une partie de vos efforts. Et le soir de la rentrée, ne vous étonnez pas d'un enfant épuisé par la nouveauté : couchez-le un peu plus tôt encore, le temps qu'il s'habitue.
Remettre votre enfant à l'heure pour un bon sommeil avant la rentrée n'a rien d'une corvée si l'on s'y prend tôt et en douceur. En décalant le coucher par petits pas et en jouant sur la lumière, vous offrez à votre enfant l'énergie dont il aura besoin pour aborder l'année. En effet, un enfant reposé, c'est aussi un enfant qui sourit, le matin de la rentrée.

